- Le prêt. L'éco-PTZ finance jusqu'à 50 000 € de travaux sans intérêts sur 20 ans (rénovation globale), sans condition de revenus, jusqu'au 31 décembre 2027.
- À l'achat. Demandé avec le crédit immobilier, il peut être accordé avant les devis définitifs : ils doivent être fournis au plus tard au versement.
- La règle HCSF. Dès que les travaux dépassent 10 % du coût de l'opération, la banque peut accorder un différé de 2 ans et un prêt jusqu'à 27 ans.
- Le gain. Sur 200 000 € d'achat + 40 000 € de travaux, l'éco-PTZ économise 19 753 € d'intérêts et 33 € par mois (nos calculs, taux de 3,45 % sur 25 ans).
- Le piège. En rénovation ponctuelle sur 15 ans, la mensualité totale peut monter de 17 € pendant 15 ans si la banque ne lisse pas les prêts.
Mis à jour le 23 octobre 2026. Oui, on peut financer l'achat d'une passoire thermique avec un crédit immobilier couplé à un éco-PTZ : le prêt principal paie le bien, l'éco-PTZ paie les travaux de rénovation énergétique, sans intérêts. L'éco-prêt à taux zéro est un prêt réglementé, distribué par les banques ayant signé une convention avec l'État, dont les intérêts sont pris en charge par l'État. Selon Service-Public (fiche vérifiée le 1er septembre 2026), il atteint 50 000 € pour une rénovation globale remboursée sur 20 ans, sans condition de ressources. Avec un taux moyen de 3,45 % sur 25 ans en septembre 2026 selon l'Observatoire Crédit Logement/CSA, chaque euro de travaux sorti du prêt principal économise des intérêts. Mais le gain dépend du type de travaux, et une mauvaise combinaison peut faire monter votre taux d'endettement au lieu de le baisser.
Peut-on financer l'achat d'une passoire thermique avec un éco-PTZ ?
Oui, et c'est même prévu par les textes. Service-Public précise que lorsque la demande d'éco-PTZ intervient en même temps qu'une demande de prêt pour l'acquisition du logement, le descriptif et les devis détaillés des travaux peuvent être fournis au plus tard à la date de versement du prêt. Un modèle d'attestation spécifique existe pour ce « couplage » accession et éco-PTZ.
Les conditions à remplir sont peu nombreuses :
- le logement est une résidence principale (la vôtre, ou celle d'un locataire s'il est loué dans les 6 mois après les travaux) ;
- il a été construit depuis plus de 2 ans à la date de début des travaux ;
- les travaux sont des travaux de rénovation énergétique éligibles, réalisés par une entreprise qualifiée RGE ;
- aucune condition de revenus : le prêt est ouvert à tous les propriétaires, occupants comme bailleurs.
Pourquoi le sujet devient central en 2026 ? Parce que les acheteurs voient arriver de plus en plus de maisons classées E, F ou G. Depuis le 1er janvier 2025, la vente d'une maison individuelle classée E, F ou G doit s'accompagner d'un audit énergétique, qui chiffre les travaux et propose un parcours de rénovation (il sera étendu aux logements classés D en 2034, selon Service-Public). Cet audit, valable 5 ans, est la meilleure base de départ pour calibrer l'éco-PTZ. ZenImmo a analysé l'effet du nouveau DPE 2026 sur le prix de vente des logements concernés.
Quels plafonds d'éco-PTZ en 2026 ?
Le montant dépend du type de rénovation. C'est le point que la plupart des guides résument trop vite à « 50 000 € », alors que ce plafond n'est accessible qu'en rénovation globale :
| Type de travaux (Service-Public, 2026) | Plafond | Durée maximale |
|---|---|---|
| 1 action sur les parois vitrées (fenêtres) | 7 000 € | 15 ans |
| 1 action d'une autre nature (isolation, chauffage...) | 15 000 € | 15 ans |
| Lot de 2 travaux | 25 000 € | 15 ans |
| Lot de 3 travaux ou plus | 30 000 € | 15 ans |
| Rénovation globale (audit : gain d'au moins 2 classes de DPE) | 50 000 € | 20 ans |
| Assainissement non collectif | 10 000 € | 15 ans |
Un éco-PTZ complémentaire reste possible dans les 5 ans suivant l'offre du premier, sans que le total dépasse 50 000 €. Il est cumulable avec le PTZ d'accession, ce qui permet à un primo-accédant d'empiler deux prêts sans intérêts dans le même plan de financement.
Que change la règle HCSF des 10 % de travaux ?
Le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) encadre le crédit immobilier : taux d'effort de 35 % maximum et durée de 25 ans. Une exception existe pour les projets où l'emprunteur ne peut pas habiter tout de suite : un différé de remboursement jusqu'à 2 ans, soit un prêt de 27 ans au total.
En décembre 2023, le HCSF a élargi cette exception à l'ancien avec travaux. Comme l'a expliqué la Banque de France, il a abaissé à 10 % (au lieu de 25 %) le seuil de travaux ouvrant droit à ce différé, au motif que les gros travaux rendent le logement inhabitable et font payer deux logements en même temps.
« Le HCSF a abaissé à 10 % (au lieu de 25 % précédemment) le seuil de travaux. » — Banque de France, 4 décembre 2023
Concrètement, pour une maison à 200 000 €, 40 000 € de travaux et environ 15 000 € de frais de notaire, les travaux représentent 15,7 % du coût total de l'opération : le projet passe le seuil. La banque peut alors vous laisser payer seulement les intérêts (ou rien, selon le type de différé) pendant le chantier, et rembourser le capital ensuite. Ce différé a un coût, puisque les intérêts courent : il sert à éviter de payer un loyer et une mensualité pleine pendant les travaux, pas à économiser.
Combien fait économiser l'éco-PTZ sur 240 000 € ?
Nous avons comparé trois montages pour la même maison classée F : 200 000 € d'achat et 40 000 € de rénovation globale, frais de notaire couverts par l'apport. Taux du prêt principal : 3,45 % sur 25 ans, taux moyen de septembre 2026 selon l'Observatoire Crédit Logement/CSA. Mensualités hors assurance, calculées par nos soins.
| Montage (240 000 € à financer) | Mensualité | Intérêts payés | Revenu net minimum (35 %) |
|---|---|---|---|
| A. Tout dans le crédit immobilier (240 000 € sur 25 ans) | 1 195,07 € | 118 521 € | 3 414 € |
| B. Crédit 200 000 € sur 25 ans + éco-PTZ 40 000 € sur 20 ans | 1 162,56 € les 20 premières années, puis 995,89 € | 98 768 € | 3 322 € |
| C. Même montage, mensualité lissée sur 25 ans | 1 139,63 € constante | 101 888 € | 3 256 € |
Le montage B fait économiser 19 753 € d'intérêts par rapport au prêt unique, et baisse la mensualité de 33 € par mois. La raison est simple : 40 000 € à 0 % sur 20 ans coûtent 166,67 € par mois, contre 199 € s'ils étaient empruntés à 3,45 % sur 25 ans dans le prêt principal.
Le montage C, avec lissage, est celui qui libère le plus de capacité : la banque baisse la mensualité du prêt principal tant que l'éco-PTZ court, puis la relève quand il est soldé. L'emprunteur paie 55 € de moins par mois qu'en A pendant 25 ans, et le revenu nécessaire pour respecter les 35 % recule de 158 €. Le lissage coûte un peu plus d'intérêts que B (le capital du prêt principal est remboursé plus lentement au début), mais il reste 16 633 € moins cher que le prêt unique.
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Simuler mon crédit immobilier →Quand l'éco-PTZ fait-il monter la mensualité ?
C'est la nuance que l'on ne lit presque nulle part. Si les travaux ne permettent pas une rénovation globale (pas de gain de 2 classes à l'audit), l'éco-PTZ est plafonné à 30 000 € et doit être remboursé sur 15 ans maximum. Résultat : 30 000 € sur 15 ans coûtent 166,67 € par mois, exactement autant que 40 000 € sur 20 ans en rénovation globale.
| Rénovation ponctuelle : 210 000 € + éco-PTZ 30 000 € | Mensualité | Intérêts payés | Revenu net minimum (35 %) |
|---|---|---|---|
| Prêt unique 240 000 € sur 25 ans (rappel) | 1 195,07 € | 118 521 € | 3 414 € |
| Sans lissage (éco-PTZ sur 15 ans) | 1 212,35 € les 15 premières années | 103 706 € | 3 464 € |
| Avec lissage sur 25 ans | 1 162,18 € | 108 653 € | 3 321 € |
Sans lissage, l'éco-PTZ économise bien 14 815 € d'intérêts, mais la mensualité monte de 17 € par mois pendant 15 ans et il faut 50 € de revenu en plus pour rester sous les 35 %. Pour un dossier déjà à 34 % d'endettement, c'est la différence entre un accord et un refus. Demandez donc systématiquement à la banque un tableau d'amortissement lissé, ou faites jouer la concurrence : toutes les banques ne proposent pas le lissage sur un éco-PTZ.
Comment monter le dossier dans le bon ordre ?
- Récupérer l'audit énergétique avant l'offre d'achat. Pour une maison classée E, F ou G, le vendeur doit le fournir. Il chiffre les travaux et indique si une rénovation globale est atteignable.
- Faire chiffrer les travaux par des artisans RGE. Des devis même provisoires permettent à la banque de dimensionner le prêt ; les versions détaillées peuvent suivre jusqu'au versement.
- Calculer la part des travaux dans le coût total. Au-delà de 10 %, demandez explicitement le différé et la durée de 27 ans si le chantier vous empêche d'emménager.
- Prévoir une condition suspensive adaptée. Mentionnez le montant total à financer, travaux compris, dans le compromis : en cas de refus, votre condition suspensive de prêt vous protège.
- Exiger le lissage et comparer le TAEG global. Le TAEG de l'ensemble doit rester sous le taux d'usure, assurance comprise.
- Penser à l'assurance des deux prêts. L'éco-PTZ est un prêt à part entière, souvent assuré lui aussi. LoiLemoine explique dans quel ordre changer l'assurance quand on a plusieurs prêts.
Sources
- Éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) — Service-Public.gouv.fr (vérifié le 1er septembre 2026)
- Audit énergétique en cas de vente d'un bien dit « passoire thermique » — Service-Public.gouv.fr
- Haut Conseil de stabilité financière : une notoriété inespérée (4 décembre 2023) — Banque de France
- Analyse du marché immobilier, septembre 2026 — Observatoire Crédit Logement/CSA
- Audit énergétique réglementaire — Ministère de la Transition écologique